Saint-Pétersbourg
Capitale impériale construite par Pierre le Grand sur la Néva, ville de palais baroques, de canaux et de nuits blanches de fin mai à mi-juillet.
Saint-Pétersbourg occupe le delta de la Neva sur les rives orientales du golfe de Finlande, à 650 km au nord-ouest de Moscou. Pierre le Grand a fait creuser la ville à partir de 1703 sur des marécages, avec l'aide d'architectes italiens et français. Le résultat est une capitale impériale construite d'un seul élan, alignée sur le canal Griboïedov, la Moïka et la Fontanka, traversée par 342 ponts et organisée autour de la perspective Nevski qui file sur 4,5 km depuis l'Amirauté jusqu'à la laure Alexandre-Nevski.
La ville se lit à plusieurs niveaux. En surface, c'est l'ensemble baroque et néoclassique des palais Stroganov, Cheremetiev, Ioussoupov, ponctué par les coupoles de Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé et le dôme doré de Saint-Isaac, haut de 101 mètres. Plus loin, l'île Vassilievski accueille le bâtiment de la Bourse et les colonnes rostrales, tandis que la forteresse Pierre-et-Paul, première construction de la ville, abrite les tombeaux des Romanov. La Néva fait jusqu'à 600 mètres de large devant le palais d'Hiver, ce qui donne à la perspective ce souffle particulier que Moscou n'a pas.
L'Ermitage, ancienne résidence des tsars, conserve environ trois millions de pièces réparties dans cinq bâtiments dont le palais d'Hiver. Nous conseillons systématiquement de prévoir deux demi-journées séparées : une pour les écoles flamande et italienne du premier étage, une pour les impressionnistes et le bâtiment de l'État-Major. À 30 km à l'ouest, Peterhof aligne 150 fontaines et la Grande Cascade qui descend vers le golfe ; à 25 km au sud, Tsarskoïe Selo abrite le palais Catherine et sa chambre d'ambre reconstituée. Pavlovsk, plus discret, vaut le détour pour son parc paysager de 600 hectares.
Le climat conditionne tout. De juin à août, les températures montent à 20-23°C et les nuits blanches éclairent la ville de fin mai à mi-juillet : le ciel reste laiteux jusqu'à 2h du matin, et les ponts sur la Néva se lèvent vers 1h30 pour laisser passer les cargos, ce qui coupe l'accès aux îles jusqu'à 5h. L'hiver, entre décembre et février, descend régulièrement à moins 10, parfois moins 20, avec quatre à six heures de jour seulement, mais la perspective Nevski sous la neige et les patinoires de la place du Palais ont leur cohérence. Mai et septembre offrent un compromis : 12 à 15°C, foule allégée, lumière encore généreuse.
Côté table, la ville cultive une cuisine plus proche de la Baltique que du centre russe : harengs marinés, blinis au caviar de hareng ou de saumon de la mer Blanche, soupe de poisson oukha, pelmenis sibériens repris dans les cantines du quartier de Kolomna. Les caves à vodka du quartier Dostoïevski servent encore des assortiments de zakouski (cornichons fermentés, lard, champignons marinés) qui accompagnent la dégustation. La culture est dense : le Mariinsky pour l'opéra et le ballet, la philharmonie Chostakovitch, et une scène contemporaine vivante autour de l'île Nouvelle-Hollande, ancien dépôt de la marine reconverti.
Veliki Novgorod, à trois heures de route au sud, conserve un kremlin du XIᵉ siècle et la cathédrale Sainte-Sophie de 1050, plus ancien édifice religieux de Russie encore debout. Nous combinons souvent les deux villes pour donner au voyageur la mesure de la profondeur historique russe avant ou après l'épisode impérial pétersbourgeois.
À découvrir
L'Ermitage en deux visites. Le palais d'Hiver et le bâtiment de l'État-Major séparés par la place du Palais, avec une matinée pour les maîtres anciens et une après-midi pour Matisse, Picasso et les impressionnistes.
Peterhof et la Grande Cascade. Une journée complète à 30 km à l'ouest, avec ses 150 fontaines alimentées sans pompe par gravité depuis les hauteurs de Ropcha, et le parc qui descend jusqu'au golfe de Finlande.
Les nuits blanches sur la Néva. De fin mai à mi-juillet, observation du levage des ponts vers 1h30 depuis le quai du palais ou les bateaux qui naviguent jusqu'à l'aube sur les canaux.
Une soirée au Mariinsky. Ballet ou opéra dans la salle historique de 1860 ou la scène contemporaine Mariinsky II, à réserver deux à trois mois à l'avance pour la saison d'octobre à juin.
Veliki Novgorod en extension. Trois heures de route vers le sud pour le kremlin du XIᵉ siècle, Sainte-Sophie de 1050 et les églises de Iouriev sur le lac Ilmen, sur une journée ou avec une nuit sur place.
Quand y aller
La fenêtre la plus large s'étend de mi-mai à mi-septembre. Juin et juillet concentrent les nuits blanches et des températures de 18 à 23°C, mais aussi l'affluence maximale à l'Ermitage et à Peterhof : nous conseillons des créneaux d'entrée en première heure ou en fin d'après-midi. Août reste agréable autour de 20°C, avec des averses plus fréquentes. Mai et septembre, entre 10 et 15°C, conviennent aux voyageurs qui veulent les palais et les musées sans la foule.
D'octobre à mars, la ville bascule dans un autre régime. Novembre est le mois le plus difficile : 3 à 5°C, pluie, peu de neige encore, jours très courts. De fin décembre à février, le froid se stabilise entre moins 8 et moins 15°C, parfois moins 20 lors des vagues sibériennes, mais la neige tient et la lumière rasante sur les façades pastel a un intérêt photographique réel. Les patinoires extérieures et la saison du Mariinsky tournent à plein. Avril reste à éviter : dégel, trottoirs boueux, ciel gris persistant.
Conseils pratiques
Nous recommandons quatre nuits minimum sur Saint-Pétersbourg pour couvrir l'Ermitage en deux passages, Peterhof ou Tsarskoïe Selo sur une journée, le centre historique à pied et une soirée au Mariinsky. Cinq à six nuits permettent d'ajouter Pavlovsk, l'île Nouvelle-Hollande et une extension à Veliki Novgorod. L'aéroport Poulkovo, à 20 km au sud, reçoit des vols directs depuis plusieurs capitales européennes ; le train rapide Sapsan relie Moscou en 4 heures, ce qui rend la combinaison entre les deux villes très fluide.
Saint-Pétersbourg s'articule logiquement avec Moscou et l'Anneau d'Or pour un circuit classique de 10 à 14 jours sur l'histoire impériale et orthodoxe. Pour les voyageurs disposant de trois semaines, nous prolongeons vers Kazan et la Volga, puis le lac Baïkal via le Transsibérien. Le niveau de confort hôtelier est élevé, avec des adresses historiques sur la Moïka ou la perspective Nevski. La ville convient aux contemplatifs, aux amateurs d'art et d'architecture, aux mélomanes, et reste accessible aux familles à condition d'alterner musées et balades en bateau sur les canaux.

