Moscou et environs
Capitale de huit cents ans d'histoire où le Kremlin, les stations de métro de la ligne circulaire et la laure de Serguiev Possad se parcourent en quatre à six jours.
Moscou est notre base de travail quotidienne et nous y accueillons chaque année des voyageurs qui découvrent à quel point la ville dépasse l'image de la place Rouge. Sur une superficie comparable à celle du Grand Londres, la capitale aligne huit cents ans d'histoire en couches successives : le Kremlin et ses cathédrales du XVe siècle bâties par des architectes italiens, les hôtels particuliers néoclassiques de l'Arbat, les gratte-ciel staliniens dits les Sept Sœurs, et les tours de verre de Moskva-City qui culminent à plus de 370 mètres. La Moskova traverse la ville sur 80 kilomètres et dessine les grands méandres autour desquels s'organisent les quartiers, du monastère Novodievitchi au sud-ouest jusqu'aux anciens entrepôts de la Winzavod à l'est, reconvertis en galeries d'art contemporain.
La place Rouge concentre les sites attendus, mais notre équipe oriente vite les voyageurs vers Kitaï-Gorod, le quartier marchand médiéval que nous privilégions pour l'hébergement. On y rejoint à pied la galerie Tretiakov, qui conserve les icônes d'Andreï Roublev et les toiles d'Ilia Répine, et le théâtre Bolchoï dont la saison court d'septembre à juin. À quelques stations de métro, le musée Pouchkine présente une collection d'impressionnistes français issus des collections privées Chtchoukine et Morozov, nationalisées en 1918. Le métro lui-même se visite : les stations Komsomolskaïa, Maïakovskaïa et Novoslobodskaïa, ouvertes entre 1935 et 1952, alignent mosaïques, vitraux et lustres dans des halls qui descendent parfois à plus de 80 mètres sous terre.
Au-delà du centre historique, Moscou s'est transformée depuis 2011 sous l'effet du programme municipal de réaménagement des espaces publics. Le parc Gorki, longtemps fête foraine défraîchie, est redevenu un grand jardin urbain de 120 hectares en bord de fleuve, prolongé par le musée d'art contemporain Garage dans un pavillon signé Rem Koolhaas. Le parc Zariadié, inauguré en 2017 sur l'emplacement de l'ancien hôtel Rossiya, descend en terrasses vers la Moskova et offre une passerelle en porte-à-faux au-dessus du fleuve. Ces lieux changent la manière de vivre la ville en été, quand les soirées s'étirent jusqu'à 23 heures sous une lumière encore haute.
La cuisine moscovite mérite qu'on s'y attarde au-delà du bortsch et des pelmenis. Nous emmenons souvent les voyageurs au marché Daniloski ou à celui d'Ousatchiovski, deux halles rénovées où l'on goûte les spécialités des républiques de l'ancienne URSS : khatchapouri géorgien, plov ouzbek, manty d'Asie centrale. Les restaurants de Vladimir Mukhin, autour du concept Bjorn et White Rabbit, ont remis à l'honneur les produits du Nord russe, le caviar de Sibérie et les champignons fermentés. Pour le quotidien, les chaînes Teremok et Vkousno i Totchka servent blinis et plats simples à des prix accessibles.
À une heure de train de la gare Yaroslavski, Serguiev Possad ouvre la route de l'Anneau d'Or. Sa laure de la Trinité-Saint-Serge, fondée au XIVe siècle, reste le centre spirituel de l'Église orthodoxe russe et accueille les pèlerins toute l'année. Plus près, à 40 kilomètres au sud, le domaine de Iasnaïa Poliana où Tolstoï a écrit Guerre et Paix se visite en une journée depuis Moscou, comme la propriété de Tchekhov à Melikhovo. Ces excursions complètent utilement le séjour urbain et donnent à voir la datcha russe, ce rapport très particulier entre la ville et sa campagne proche.
Le climat moscovite tranche nettement entre les saisons. L'hiver dure de novembre à mars, avec des températures moyennes autour de moins quinze degrés en janvier et des chutes de neige qui maintiennent un manteau blanc continu pendant cinq mois. L'été, court mais marqué, voit le thermomètre monter à 25 ou 28 degrés en juillet, avec parfois des pics au-dessus de 30. Les épaules de saison, mai et septembre, restent nos périodes préférées : journées longues, températures autour de 15 à 20 degrés, foules réduites dans les musées.
À découvrir
Kremlin et cathédrales de la place des Cathédrales. L'enceinte fortifiée abrite trois cathédrales du XVe siècle aux coupoles dorées, le palais des Armures et son trésor de carrosses impériaux, et le canon-tsar de 40 tonnes jamais tiré.
Stations de la ligne circulaire en métro. Nous consacrons une demi-journée à parcourir Komsomolskaïa, Novoslobodskaïa et Kievskaïa, où mosaïques de Korine et vitraux de Brioullov transforment les quais en salons souterrains construits sous Staline.
Galerie Tretiakov, peinture russe du XIIe au XXe. La collection rassemble la Trinité de Roublev, les paysages de Levitan et Les Bateliers de la Volga de Répine. Comptez trois heures pour le bâtiment historique de Lavrouchinski.
Serguiev Possad et la laure de la Trinité. Une heure de train suburbain mène à ce monastère fondé en 1337, toujours en activité, dont les coupoles bleues étoilées dominent un ensemble inscrit à l'UNESCO.
Parc Zariadié et toit du Bolchoï. Le parc descend en quatre zones paysagères vers la Moskova et sa passerelle en V offre une vue dégagée sur le Kremlin, particulièrement nette au crépuscule en juin et juillet.
Quand y aller
Nos meilleures fenêtres pour Moscou s'étendent de mi-mai à mi-septembre, avec une préférence pour juin (jours longs, 18 à 22 degrés, parcs en fleurs) et septembre (lumière dorée sur les coupoles, 12 à 18 degrés, fréquentation des musées en baisse). Juillet et août atteignent 25 à 28 degrés en moyenne, parfois davantage, et les orages d'après-midi sont fréquents. Les nuits restent claires jusqu'à 23 heures fin juin, ce qui change radicalement le rythme de visite.
L'hiver a ses partisans et nous organisons des séjours de décembre à février pour qui veut voir la ville sous la neige, patiner à VDNKh sur la plus grande patinoire urbaine d'Europe, et profiter de la saison du Bolchoï. Il faut accepter des températures de moins dix à moins vingt degrés, des journées courtes (lever 9 heures, coucher 16 heures en décembre) et un équipement adapté : bottes fourrées, doudoune, chapka. Nous évitons en revanche novembre et mars, mois de transition humides où la neige fond et où la ville devient grise, et début mai pendant les jours fériés du 1er et 9 mai qui saturent les sites.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de quatre jours pleins à Moscou pour couvrir le Kremlin, la Tretiakov, deux ou trois quartiers (Kitaï-Gorod, Arbat, Zamoskvoretchié), une soirée au Bolchoï ou au conservatoire Tchaïkovski, et une excursion à Serguiev Possad ou Iasnaïa Poliana. Cinq à six jours permettent d'ajouter le couvent Novodievitchi, le musée Pouchkine et une journée à Souzdal. L'arrivée se fait par l'un des trois aéroports internationaux (Cheremetievo, Domodedovo, Vnoukovo), tous reliés au centre par l'Aeroexpress en 35 à 50 minutes.
Moscou se combine logiquement avec Saint-Pétersbourg, à quatre heures par le train rapide Sapsan, pour un séjour classique de dix à douze jours sur les deux capitales. Pour aller plus loin, l'Anneau d'Or se greffe directement à l'est, Kazan et la Volga s'atteignent en train de nuit ou en vol d'1h30, et le lac Baïkal se rejoint en six heures de vol vers Irkoutsk. La ville convient à tous les profils mais récompense particulièrement les voyageurs curieux d'histoire, d'architecture et de scène culturelle vivante. Nos hébergements partenaires autour de Kitaï-Gorod et Tverskaïa permettent de tout faire à pied ou en métro, sans dépendre des taxis.

